Manifeste de la Génération Changement

Appel au Président de la République française et au Premier ministre

Nous sommes la Génération Changement

Militants de la première heure, fervents soutiens de l’action de François Hollande et défenseurs de son projet, nous avons souvent contribué à façonner son programme en étant les auteurs créatifs, disponibles et appliqués des notes techniques et des argumentaires qui ont nourri ses discours, les rapporteurs dans l’ombre des groupes de travail, les plumes des personnalités politiques qui l’ont soutenu et accompagné. Nous avons porté ses idées au cours de cette campagne, des primaires et parfois depuis la présentation du Pacte productif de Lorient, en juin 2009.

Nous représentons la « Génération Changement », composée de plusieurs dizaines de jeunes contributeurs (de 25 à 35 ans) des idées progressistes depuis plusieurs années, et tout particulièrement pendant la campagne présidentielle. Nous sommes particulièrement sensibles aux choix qu’a fait François Hollande : définir la jeunesse comme la priorité de son action et mettre en avant l’urgence du changement.

La jeunesse, c’est une énergie, une envie, une promesse. C’est en fait la condition même du changement. Assumer le changement, c’est susciter et accueillir les idées nouvelles.  Nous sommes porteurs de cette énergie et de cette volonté d’innovation, venant de tous horizons, publics et privés, têtes pensantes aux parcours diversifiés, militants ancrés dans la réalité.

Aujourd’hui, à l’heure de la composition des cabinets ministériels, l’expérience, les réseaux, le statut ont eu raison de l’imagination, de la créativité, de la vitalité. La jeunesse, la diversité des parcours et des compétences ont cédé à l’entre-soi de la haute fonction publique d’État. Le militantisme et la soif d’idéal ont été balayés par la permanence rassurante des grands corps.

L’occasion était rêvée de prolonger cette victoire électorale par la promotion de ces jeunes militants qui ont contribué depuis plus de trois années au travail collectif par des notes, des exposés, des rapports, des ouvrages… Au contraire, le gouvernement a préféré des profils connus de longue date, certains déjà actifs dans les cabinets de François Mitterrand, reprenant parfois du service à plus de 65 ans, occupant ces responsabilités pour la deuxième, troisième ou quatrième fois. Rappelons que François Hollande avait moins de 27 ans, lorsqu’il a intégré les équipes de l’Elysée en 1981.

La règle des 15 collaborateurs pour chaque ministre (et de 10 conseillers pour les ministres délégués) évince mécaniquement les jeunes générations et les parcours diversifiés. Elle ne laisse que 6 ou 7 conseillers par cabinet qui traitent le fond des dossiers (8 ou 9 collaborateurs – directeur de cabinet, directeur adjoint de cabinet, chef de cabinet, conseiller parlementaire, conseiller budgétaire, conseiller presse… – s’occupent des sujets transversaux). Cela conduit à élargir le périmètre de chaque conseiller et oblige par conséquent à un recrutement de personnes expérimentées : des quadragénaires, voire des quinquagénaires.

Les recruteurs ont également une confiance inébranlable dans le produit des grandes écoles, à commencer par l’Ecole nationale d’administration. Pourquoi cette confiance n’existe pas vis-à-vis d’autres formations ou d’autres trajectoires pourtant louées à longueur de discours ? Les compétences des hauts fonctionnaires sont absolument utiles, l’expérience également, mais le sont-elles à l’exclusion de toute autre ? Quelle place occupe les jeunes générations, les représentants des territoires et des hôpitaux, ainsi que les cadres du secteur privé ? Où sont les femmes et à quel niveau est représenté la diversité ? Nous ne retrouvons pas dans ces choix les valeurs que nous avons défendues depuis des années auprès de François Hollande.

Le soir du 6 mai, à Tulle comme à la Bastille, le Président de la République avait clairement demandé à ce que son quinquennat soit jugé à l’aune de deux critères : la justice et la jeunesse. Nous y sommes. L’exemplarité – dont le Président a témoigné depuis lors – bute sur l’écueil de la constitution des cabinets ministériels. Alors que le nouveau visage du Gouvernement nous a réjouis, pourquoi cette prudence dans la sélection des collaborateurs des Ministres ? Surtout, imagine-t-on que le changement est possible avec une telle homogénéité dans les trajectoires des conseillers ?

Pour impulser un nouveau souffle à notre pays, il faut changer le mode de recrutement des cabinets ministériels, parier sur la diversité et rechercher les talents là où François Hollande a su les trouver pour mener sa campagne à la victoire. L’innovation nécessite de prendre des risques, pas des risques inconsidérés, mais des risques calculés. Elle nait de la confrontation des idées ; elle est nourrie par la diversité des parcours ; elle est portée par la richesse des trajectoires.

N’ayons pas peur du changement et de la génération qui l’accompagne !

Génération Changement

Contact : generation.changement@gmail.com

Twitter : @GChangement

Facebook : Génération Changement

GC

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10 thoughts on “Manifeste de la Génération Changement

  1. Je suis entré en Cabinet ministériel à 35 ans, avec une bonne expérience des sujets dont j’étais chargé. Je suis convaincu que quelqu’un plus jeune ou moins expérimenté aurait fait un travail beaucoup moins bon. J’en veux pour preuve l’exemple de certains qui ont occupé la même fonction, avant où après moi, auprès d’autres ministres: ils chargeaient les services de demandes de notes. Résultat: les services passaient leur temps à faire des notes plutôt que le travail qui leur était demandé ; et les conseillers techniques ne rentraient pas dans les sujets et restaient incompétents.

    Les rédacteurs de ce manifeste devraient apprendre la modestie et la patience.

    • Ayant travaillé pour des cabinets – dans les services producteurs de notes que mentionne Chesnel – je confirme qu’il est nécessaire d’être expérimenté pour exercer les fonctions de conseiller car il y a effectivement un risque pour le conseiller de se décharger sur les services et d’être dépassé par sa fonction. La Génération Changement devrait agir au niveau des associations, ONG, partis, et toutes les instances ouvertes à l’expression libre de la société civile. Les cabinets sont des organes technico administratifs et politiques qui nécessitent, outre une expertise propre, une très bonne connaissance de l’administration et de son fonctionnement.

      • Regardez le déficit budgétaire, l état des prisons, la déliquescence de l éducation, l esprit de deroute dans les corps de fonctionnaire (hors haute administration peut être), l absence de politique extérieure, le conformisme de la gouvernance et la faiblesse de l esprit d intrapreneurs… et rappelez nous qui doit apprendre la modestie?

        L important n est pas l âge, je vous l accorde, mais d être capable de produire des idées nouvelles au regard des contextes et des enjeux. Vos arguments vantant l entre soi sont dans ce cadre assez surprenants.

        Les cabinets purement technico administratifs sont des doublons coûteux de l administration. Ils les sclérosent même car ils ne les interrogent pas, ils les confortent. Je vous rejoins néanmoins sur l ineptie du culte de la commande de la note mais vu l expérience que vous évoquez, j imagine que vous les écriviez vite.

  2. VOUS AVEZ RAISON
    vous (18/35 ans) devez participer au changement au plus haut niveau, là où les idées doivent naître, les projets se développer, les actions entraîner (collectivités locales, partenaires privés, associations…)
    qui mieux que vous luttera contre les tabous à l’encontre des jeunes (cf « génération Y »), qui montrera par la preuve que c’est dans la complémentarité des approches, des parcours, des formations, de l’énarque au titulaire d’un bac pro (d’excellence !), du BTS au normalien, du « valorisé des acquis de l’expérience » au polytechnicien, que les politiques publiques seront imaginées, mises en oeuvre, évaluées pour toutes les citoyennes, pour tous les citoyens
    la formation d’un gouvernement paritaire, faisant place aux « inexpérimenté-e-s, a été exemplaire, je crois à la force du symbole, au delà de l’affichage, mais celles là, ceux là même qui sont désormais en charge des affaires du pays ont elles-ils tant besoin de se rassurer pour ne pas oser intégrer plus de femmes , de jeunes, d’expériences contrastées ?
    qui a remarqué qu’il existe un ministère des sports , de la jeunesse, de la vie associative et de l’éducation populaire, qui, Madame Fourneyron, peut mieux qu’un 18/35 ans prendre en charge la délégation « jeunesse »?
    osez les jeunes, osez un-e- jeune à ce poste, recrutez au sein de « générationchangement »
    ff

  3. J’approuve vos propos. Force est malheureusement de constater que l’exemplarité a ses limites. Oui à la confrontation des idées et non à la pensée unique.
    FM

  4. le 8 juin
    J’ai lu avec attention votre tribune dont j’approuve l’objet. Les « jeunes » peuvent avoir autant de talent, d’intuition, de sérieux, de connaissances politiques ou sociétales, et doivent donc pouvoir postuler à ces postes. C’est ça aussi le changement. Je me suis exprimée immédiatement aprés que le chef de cabinet a été choisi pour entrer au bureau de Madame V. TRIERWILLER, en disant que l’exemplarité par rapport à des propos de campagne basés sur le « changement c’est maintenant » aurait dû conduire à ne pas « embaucher » un ami, mais un « jeune » et pourquoi pas « sans emploi » pointant à Pôle emploi qui doit bien receler des personnes formées et compétentes. C’est aussi de cette façon que le renouvellement que nous attendons tant se fera.

  5. Ah ah ! Voici, sans les jolis mots, la traduction d’un telle envie de carrière : « Si je milite depuis mes 16 ans, c’est pour être ministre à 40 ans, et pour ça, il vaudrait mieux que je fasse un peu de cabinet dès 27 ans. Alors s’il vous plait : la rétribution, c’est maintenant »

  6. « Les rédacteurs de ce manifeste devraient apprendre la modestie et la patience ».

    Franchement, votre manifeste est scandaleux. Donc vous souteniez François Hollande pour recevoir en retour c’est donc bien ça ? Voila la différence avec ceux qui ont plus de quarante ans, ils travaillent pour le fonctionnement de l’Etat et n’attendent plus forcément quelque chose en retour car ils ont déjà une carrière derrière eux.

    Un militant PS, avocat et qui a 25 ans…

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