Notre appel

Appel au Président de la République française et au Premier ministre

« Nous sommes la Génération Changement »

M. le Président de la République, M. le Premier ministre,

Militants de la première heure, soutiens fervents de ton action et défenseurs de ton projet, nous avons souvent contribué à le façonner en étant les auteurs disponibles et appliqués des notes techniques, les rapporteurs dans l’ombre des groupes de travail, les plumes des personnalités politiques qui t’ont soutenu. Nous avons porté tes idées au cours de cette campagne, des primaires et parfois depuis la présentation du Pacte productif de Lorient, en juin 2009.

L’une d’entre elles nous a particulièrement émerveillés : celle de la jeunesse. Donner à la génération à venir un avenir, un horizon, un destin, disais-tu. Nous avons entre 25 et 35 ans, nous espérions beaucoup de ton arrivée en responsabilité, en particulier dans la composition des cabinets ministériels.

Venant de tous horizons, n’ayant pas de réseaux puissants à notre service, nous avons démontré notre valeur et prouvé à de nombreuses reprises que le talent n’attend pas le nombre des années. Ainsi, dans les chiffrages, dans les dossiers techniques, dans les discours de ta campagne, nous n’étions pas trop jeunes pour les rédiger, les vérifier, les faire valider, et porter sur le fond la garantie technique et politique.

L’occasion était rêvée d’accompagner notre victoire par la promotion de ces jeunes militants qui auraient ainsi continué à apporter leur idéal et leur énergie au service du changement, changement que tu as très directement porté tout au long de la campagne.

Alors même que nous avons contribué depuis plus de trois années aux réflexions par des notes, des exposés, des rapports, des ouvrages, nous n’avons absolument pas été récompensés de nos efforts. Bien au contraire. Rappelons que tu avais moins de 27 ans, lorsque tu as intégré les équipes de l’Elysée en 1981.

Au contraire, vous favorisez une génération de personnes expérimentées pour occuper ces fonctions. Certains formaient déjà dans les cabinets de François Mitterrand ; d’autres reprennent du service à plus de 65 ans comme conseiller spécial dans un Ministère, à Matignon ou à l’Elysée ; d’autres, enfin, occupent ces responsabilités pour la deuxième, troisième ou quatrième fois. L’âge moyen dans ces cabinets ministériels n’a jamais été aussi élevé !

Qu’en est-il de la confiance en la capacité d’investissement des jeunes ? De la confiance en la mixité des profils ? Et de la confiance dans les formations supérieures autres que celles de l’unique profil de l’ENA ? Nous n’y retrouvons pas les valeurs que nous avons défendu depuis des années auprès de toi, de nos élus, dans notre famille politique. Nous avons été évincés.

En conséquence, et c’est là notre principal grief, ce manque de diversité ne favorise pas l’innovation. Elle valide les mêmes politiques,  les mêmes erreurs, les mêmes méthodes. La nouveauté, l’originalité, l’innovation ne seront une nouvelle fois pas de mise dans les cabinets, et par ricochet dans les politiques mises en place par le Gouvernement.
Nous nous permettons d’insister : il n’est plus possible, aujourd’hui, de reprendre un mode de fonctionnement vieux de plus de trente ans. La fracture entre les élus et les citoyens ne fait que s’accentuer, les clivages et les oppositions ne font que grandir dans la société française, encouragés par une extrême droite soutenue par une droite déboussolée. Quelle image retenir, dès lors, de ce partage des places en ministères par une caste de privilégiés de la République, sans légitimité ou prédisposition autres que ses réseaux pour de tels postes ?

Pour impulser un nouveau souffle à notre pays, il faut dépoussiérer le mode de recrutement des cabinets ministériels, et chercher les talents là où tu as su les trouver pour mener ta campagne victorieuse. N’ayons pas peur du changement et de la génération qui l’accompagne !

Pour notre part, nous ne voulons pas, comme l’a pratiqué la droite, être des icônes éphémères que l’on exhibe. Nous voulions mettre nos compétences, notre énergie, notre engagement, notre connaissance de la nouvelle France au service des idéaux de gauche et de la République. Nous souhaitions prendre part dans le combat qui s’ouvrira désormais pour mettre en place nos réformes, mais également rassurer les Français inquiets sur notre intégration et notre capacité à relever, pour eux, les défis de l’avenir.  Nous voulions être la « nouvelle génération Hollande ». L’occasion est manquée.

Cher camarade François, cher camarade Jean-Marc, il n’est pas impossible que cet appel soit inutile ; mais il était indispensable qu’il soit rédigé et porté. Nous comptons sur vous pour que vous donniez une consigne forte et claire pour que les ministères, les directions d’administration centrale et les cabinets ministériels ne soient pas durablement peuplés de cinquantenaires monocolores, possédant les mêmes diplômes, d’origine sociale élevée par quelques jeunes issus de bonnes famille proposés par les directeurs d’administration centrale, dont certains se sont découverts de gauche dimanche 6 mai à partir de 20h.

Nous avons été oubliés, nous ne voulons pas le rester. Nous vous faisons confiance pour prendre les décisions qui s’imposent pour que cette injustice soit réparée. Le soir de ta victoire à l’élection présidentielle (à Tulle comme à la Bastille), tu avais clairement indiqué que ton quinquennat serait jugé à l’aune de deux critères : la justice et la jeunesse. Ces deux dimensions sont clairement posées dans le cadre de la formation des cabinets ministériels.

Dans l’intervalle, nous continuerons à nous impliquer dans ce travail de fond qui a contribué à porter les valeurs progressistes dans la société française ces dernières années. Car le plus dur nous attend.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération.

Signataire :
Génération Changement

Le collectif « Génération Changement » est composé de dizaines de jeunes cadres, venant du secteur public et du secteur privé, tous contributeurs actifs des idées progressistes depuis plusieurs années, et tout particulièrement pendant la campagne présidentielle.

La formation de ces cabinets ministériels pose bien entendu la question de la parité, de la diversité… mais aussi du renouvellement générationnel. Les jeunes générations doivent prendre toute leur place dans les cabinets ministériels.

GC

Texte au format PDF

 

Contact : generation.changement@gmail.com

Twitter : @GChangement

Facebook : Génération Changement

One thought on “Notre appel

  1. La jeunesse était une promesse, la résistance aux lobbies une autre.
    L’élection d’un vieux briscard à l’Assemblée nationale et l’éviction de Nicole Bricq à la demande d’un pétrolier laissent mal augurer du reste des promesses.
    Attention, à part pour quelques godillots ou fans énamourés, le bulletin de vote n’est pas une carte blanche.

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